Just a dream...

Instants choisis de la première année d'une petite étudiante en prépa économique.... Brefs morceaux de vie, fixés, furtifs, souvent inutiles.

jeudi 31 juillet 2008

Time to pretend

Yeah it's overwhelming, but what else can we do?
Get jobs in offices and wake up for the morning commute?

Forget about our mothers and our friends.
We were fated to pretend.


On passe son temps à faire semblant. Parce que c'est beaucoup mieux comme ça. Parce que l'on se figure que ça l'est. On a sûrement raison. On retient, on repousse, on rejette, on renie. On essaye. On prend bien soin d'y mettre tout son talent. On croit aux mensonges salvateurs que l'on se répète en boucle comme un disque qui merde dans une chaine hifi rouillée. On s'y accroche à ces foutues illusions, on s'y agrippe de toutes nos forces comme si c'était la dernière petite brindille avant le gouffre. Et on se démerde pour qu'elle nous supporte. Le but est plus ou moins atteint.

Jusqu'à ce que tout se barre dans tous les sens, jusqu'à ce que notre muraille de Chine se casse la gueule une fois la porte fermée, la clef tournée, assis dans l'escalier. Il n'y a qu'à soi qu'on arrive à mentir. Quoi de pire que de n'être pas capable de se dire la vérité quand elle saute à la figure, quand elle est aussi bruyante qu'une sirène d'ambulance dans sa propre tête?

On refoule ce qu'il faut mettre de côté. On verrouille le tout et on se débat pour oublier le code. Condamnés à faire semblant. Vivre vite pour ne pas avoir le temps de s'en rendre compte. Ne jamais, jamais plus, s'arrêter.


Parfois, j'aimerais que le temps s'arrête pour pouvoir avancer toute seule.

Posté par Zizanie à 03:21 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 9 juillet 2008

Morphine

Des pas précipités. Les cent pas, les sans plus. L’eau qui ouvre les nuages et les pas qui ouvrent les parapluies. Des pas précipitant d’autres pas, dans les flaques, des pas qui claquent, des pas qui craquent. Mais pas que. Des trottoirs monochromes, des pas-sants, des pas d’eau, des pas très vite et d’autres plus lents. Des pas pressés qui courent quand même.

Le motard un peu trop tôt et le mauvais pari qu’on prend au mot. Le passage modéré mais le parvis pas si sec. Passion momentanée d’un modèle trépassant. Les pas s’activent sous les motus et bouches paralysées. Comme un pastiche de mauvais goût.

Les maux qui passent et les mots passants. Le paradoxe du mot tôt dans le partage du mot tu. Elle a passé l’âge des passades alors... Qu’on pardonne aux mots dits.

Un téléphone qui sonne, bâtiment A, troisième étage, deuxième porte à gauche…

Posté par Zizanie à 00:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 24 juin 2008

Un jour normal

Le couple royal présidentiel s'est rendu en terre sainte. Au moment de leur départ de Tel Aviv, un coup de feu a retenti à 200m de l'avion. Les gardes du corps les ont forcés à s'y ruer. Tout va bien, Nicolas et Carla sont vivants. Fausse alerte et frayeur inutile. Ce n'était que le simple suicide d'un soldat israélien.

Nouvelle proposition pour réduire le gouffre de la Sécurité Sociale : le directeur de l'Assurance-maladie souhaite ramener le remboursement des médicaments dits "de confort" à 35% (alors qu'ils sont actuellement pris en charge à 100%). Les médicaments de "confort" concernent les patients atteints du SIDA, de cancers ou d'autres maladies graves et permettent aux concernés de supporter la douleur au quotidien. Mais bon, c'est vrai, chacun sa merde. Non ?

L'OPEP s'est réunie. La production de pétrôle ne sera pas augmentée pour faire baisser les prix en calmant la demande. Il semble qu'une baisse de 1 % du dollar provoque une hausse de 4 dollars par baril. C'est le moment de partir en vacances de l'autre côté de l'Atlantique. Le déficit américain continue de se creuser et le prix du baril d'augmenter. C'est la faute aux spéculateurs de toute façon.

Depuis peu, on délivre aux grosses têtes tunisiennes des cartes "compétences et talents", valables trois ans, renouvelables une fois. Certains parlent de pillage intellectuel. Le gouvernement appelle ça l'immigration de la compétence. Evidemment.

Le gouvernement continue de vider les caisses en investissant 4 millions d'euros dans une campagne inutile censée nous faire avaler des couleuvres. C'est vrai, ils se préoccupent du pouvoir d'achat. Mais c'est pas du nôtre, ça c'est sûr.

Et pendant ce temps, la Terre continue de tourner... mais pas toujours très rond.

Posté par Zizanie à 21:10 - Société - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 20 juin 2008

Quelque chose comme du vague à l'âme, coupé à de la térébenthine

Tu te rappelles? Dis, tu te rappelles toi aussi?

Le collège venait d'ouvrir. On entrait en 5e. Aujourd'hui je donne des cours à un 5e. Tu lui ressembles un peu. Je crois. C'était le premier jour de la rentrée et on nous appelait un par un, classe par classe. Mais c'est R. que j'ai remarqué avant tous les autres. Plus les noms s'égrénaient et plus les chances d'être dans sa classe augmentaient. Rapidement, il ne resta plus qu'une trentaine d'élèves, dont R., mes amies, toi et moi. Lucky girl.

L'année passa. C'était une belle année. On écrivait des mots dans nos agendas respectifs ; on rentrait à pieds du collège par le bois plein de gitans et on courait comme des malades ; on organisait nos premières boums, et nos premiers slows. Les quarts d'heure américains, tu te souviens? J'étais dingue de R. J'avais 12 ans, toi 11. On s'écrivait des petits mots sur des feuilles cartonnées. Je les ai toujours. Tu as fait l'entremetteur et j'ai vécu de jolis moments avec R., un peu grâce à toi. A l'époque, vous aviez tous cette petite mèche en haut du front, et du gel dans les cheveux, pour faire tenir le tout. Fallait pas y toucher, ça ! T. était amoureuse de toi. C'était une passion de mômes qui se prennent au sérieux, une passion pré-adolescente infidèle à suspense. Tu me racontais tout ; je faisais de même. Les meilleurs amis du monde. "Best Friends forever". Un truc du genre. Avec le recul, c'est plutôt ... navrant ? Non. Mignon. C'est mignon. Tu m'appelais presque tous les soirs et on passait des heures à commenter ce qui passait à la télévision. On n'avait pas encore internet et encore moins msn, on n'avait pas encore de téléphone portable. Pourtant on n'a jamais autant communiqué qu'à cette époque. 

Et puis, il y a eu la 4e. Je n'étais plus avec R. et je ne sais plus comment... c'est avec toi que je me suis retrouvée. J'aimerais me souvenir des détails mais je n'y arrive plus. J'avais peur que T. m'en veuille. Je ne sais plus non plus comment tout cela s'est fini. Chacun sa route. Mais il y avait toujours ce lien là. On est restés les meilleurs amis, encore quelques temps. Et puis en seconde, tu as rencontré A. ; je n'existais plus. Petit à petit, je suis passée "après". C'était votre histoire. Une fusion. Rien l'un sans l'autre. Tout pour vous, plus rien pour les autres.

Il y a eu ce soir là. Que l'on s'est promis de taire.

Et puis, plus rien. J'ai bien essayé de reprendre contact mais tu étais toujours trop occupé. Quelques fois il y a eu le hasard, et ces rencontres pressées. Rappelle-moi. Tu ne rappelleras pas. Ce n'est pas comme si j'espérais encore quelque chose de toi. Je passe plusieurs fois par semaine devant chez toi. Le collégien à qui je donne des cours n'habite pas loin. Et chaque fois je ne peux m'empêcher de me dire que tu vas peut-être ouvrir la porte à ce moment là. Mais tu ne le fais jamais. Tu as toujours pris soin de bien fermer les portes après moi.

Je vais bientôt fêter mes 20 ans. Tu ne seras pas là. Pourtant on s'était dit que... Tu me manques K. et je ne crois plus aux promesses.

Posté par Zizanie à 22:52 - Blablabla - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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