Défendre l’indéfendable... Défendre l’indéfendable…

D’abord, trouver la problématique, l'ambiguïté, la contradiction. Dans quelle mesure peut-on défendre l’indéfendable ? Un peu léger, un peu facile. Défendre l’indéfendable… La justice, le rapport avec la justice… l’égalité. La passion peut-être. Une idéologie, un système de valeurs. Une belle connerie ? Jusqu’où peut-on défendre l’indéfendable ? Quelles limites ? Qui les impose ? La morale religieuse, les mœurs, la loi… Qui ?

Je suis perplexe. Je suis perplexe car M. F. Mitterrand refuse de faire cas de ces problématiques. M. Mitterrand - lui - et tant d’autres.

L’art est-il au dessus des lois ? L’art peut-il aveugler l’élite française, les intelligents, les cultivés ? La soi-disant élite française. Cette élite française, en décalage permanent avec sa populace. La populace qui s’offusque que l’élite s’offusque de l’arrestation du grand Roman Polanski. Celui que l’on ne présente plus, le fameux, l’audacieux, le miséreux. Le fuyard, le coupable. Je suis la populace. Je m’offusque. Je me mets en colère. J’écoute avec dégoût les paroles insupportables de divers comités de soutien au cinéaste exilé. Je rejette leurs belles phrases. Elles me donnent la nausée.

Peut-on défendre l’indéfendable ? Peut-on soutenir le coupable d’un viol sur mineur ? Peut-on envoyer la loi et la morale se faire foutre sous prétexte que l’art excuse les actes les plus inacceptables ? Je ne peux concevoir qu’un violeur, quel qu’il soit, puisse échapper aux tribunaux. Je suis la populace et je m’offusque. C’est ce que j’appelle du mépris. Un mépris de la justice, un mépris de la morale, un mépris de ces milliers de victimes du genre.

Les grands discours, les beaux discours sur l’art et la culture.  Du blabla bien loin de la réalité, bien loin des faits. Du blabla qui transpire le dédain. Je comprends sa famille, je comprends ses proches, je comprends leur mal aise, je comprends leur colère, je comprends leur peine. J’ai également eu vent des malheurs de cet homme et de sa famille et j’en suis désolée. Cependant, utiliser son malheureux passé peut-il constituer un argument valable pour sa défense ?

Ce que je ne comprends pas c’est le fait de mettre tout dans le même panier et de le placer sur un piédestal bien loin du commun des mortels. Et, qu’on soit bien d’accord, c’est la seule et unique chose que je dénonce dans cet article. Ce qui concerne la victime et le retrait de sa plainte, c’est une autre histoire. Je dénonce le fait de le mettre à part. Parce que c’est un « grand ». Parce que c’est un « nom ». La Justice est la même pour tous. Comment alors prétendre qu’un homme, aussi célèbre soit-il, puisse y échapper ? Cette même Justice perdrait toute sa crédibilité, les raisons pour lesquelles elle régie la vie des hommes en société n’ayant alors plus aucun sens.