dimanche 31 mai 2009
Ô Paris !
J’écoute.
Je n’écris plus. Ou alors j’écris mal. Non. J’écris moche. J’écris deux lignes et puis… je finirai plus tard. Je ne finirai jamais, en fait. Ce n’est pas que je n’ai rien à dire, non. Tiens, par exemple, un soir, alors que je regardais « Le Grand Journal », je tombe sur Paris Hilton. Une sorte de… rage incommensurable s’est alors chargée de me rappeler combien cette fille représente l’exact opposé de tout ce qui, selon moi, mérite un tant soi peut d’intérêt. J’avais décidé de, très indirectement, vous faire part de mon profond mépris pour les « gens » de son espèce. Vous savez, ces salopes écervelées élevées à coups de biberons en or, de robinet à champagne et de comptes en banque en libre service. Les « filles de ». Mais les connes, hein. C’est ainsi que la petite Hilton trémousse son petit cul en chaleur là où le vent a une odeur de fric, de photographes excités et de boites de nuit VIP. Elle allume tout ce qui a une bite, un compte en Suisse et un nom à particule. Elle danse comme une chienne sur tous les podiums et se pare d’une moue et d’une voix des plus gerbantes en toutes circonstances. A ce jour, je n’ai toujours pas compris. Je n’ai toujours pas compris pourquoi le monde entier est à ses pieds et s’intéresse à la couleur du débardeur de son mini chien adoptif. Je n’ai toujours pas compris pourquoi cette insignifiante petite merdeuse déchaîne des foules pipolisées aux Closer, Public et autres insupportables torche-culs.
Il y a décidément beaucoup de choses qui m’échappent.
mardi 17 février 2009
J'aime pas...
... Rater d'une demi-seconde le RER après un sprint acharné en cote
... Me réveiller 2 minutes avant que le réveil ne sonne... plusieurs fois par semaine
... Que mon chat foute le bordel sur mon bureau
... Ne pas trouver mes clefs alors que j'ai une terrible envie d'aller aux toilettes
... La roue de la fortune, sa pute et ses bouffons
... Le verglas sur le trottoir
... Arriver en retard
... La politique actuelle
... Les hypothèses néoclassiques
... Les fautes d'orthographe
... Les cons sur les routes
... Les cons tout court
... Perdre à Mario Kart
... Ma tête le matin
... Les salles E5 et E6 de la fac
... Les films d'horreur
mercredi 7 janvier 2009
Shut up and let me go !
Beaucoup de choses à penser, peu de temps pour le faire. C'est un peu le bordel. Voyons ce qui va en sortir...
La crève est revenue en même temps que les partiels. Combo ! Au moins ce sera fait et dans un peu plus d'une semaine on n'en parlera plus ! Je ne comprendrai jamais la logique de ma fac qui veut que les partiels du 1er semestre commencent dès la rentrée des vacances de Noël. A peine le temps de se remettre de sa cuite... De quoi passer de merveilleuses fêtes de fin d'année en famille et entres amis. Résultat, je me trouve un peu (voire beaucoup) plus à l'arrache que d'habitude. Les matières de ce semestre n'étaient déjà pas simples. Je fais ce que je peux pour essayer d'être à jour avant chaque partiel. Du dernière minute mais qui a parfois été profiteur alors... Disons que c'est une question d'organisation d'urgence et qu'il faut faire des impasses. Avec un peu de chance... (Comment ça j'ai la poisse?)
Sinon, je vous aurais bien souhaité une bonne année et tout le blabla qui va avec. Mais en fait, ben ça me saoule un peu. Pas que je ne le pense pas, au contraire. Mais on dit ça comme on dit bonjour à la boulangère du coin de la rue. On envoie des sms groupés, on met un message perso sur msn, on change son statut sur facebook. Voilà, là c'est sûr, comme ça, j'ai oublié personne. Ca perd franchement de son sens, non? L'art de communiquer sans se parler. C'est beau.
Toujours pas d'idées pour l'an prochain. Enfin si. Quelques unes. Vagues et sinueuses. Je tourne en rond. Toujours les mêmes questions, toujours les mêmes non-réponses. Mais je suis sereine. Pour le moment. Une bonne petite peur au milieu des vacances m'a fait relativiser pas mal de choses. Une petite peur qui n'a d'ailleurs rien à voir avec les études mais qui te remet les idées en place bien comme il faut. Une petite peur sans les grandes conséquences qu'elle aurait pu avoir. Et tant mieux pour le moment. Chaque chose en son temps.
Beaucoup de mots clefs du genre "accident ballainvilliers 24 décembre" ont "attiré" de nouveaux visiteurs sur le blog et certains m'ont envoyé des mails ou laissé des commentaires touchants. Je vous adresse à tous, qui le connaissiez sûrement bien mieux que moi, mes condoléances et si j'ai pu, par le biais de mon article, vous faire quelque bien que ce soit, alors c'est plus que je ne l'aurais imaginé.
Il est là. Ou plutôt devrais-je dire... Il est toujours là. Ça fait plusieurs mois maintenant et franchement... ça fait du bien ! C'est plutôt facile pour une fois. J'avais oublié que ça pouvait l'être. J'avais vraiment besoin de ça. J'avais besoin que ça marche sur le fond et d'avoir confiance à nouveau. Je pourrais... Décrire chaque parcelle de sa peau. Chaque trait de sa personnalité. De ses défauts à ses qualités. Son regard d'enfant dans un corps d'adulte. C'est un mec bien. Mon mec est un mec bien. C'est cool quand même, non?
Allez ! Bonne année quand même les anonymes !
vendredi 20 juin 2008
Quelque chose comme du vague à l'âme, coupé à de la térébenthine
Tu te rappelles? Dis, tu te rappelles toi aussi?
Le collège venait d'ouvrir. On entrait en 5e. Aujourd'hui je donne des cours à un 5e. Tu lui ressembles un peu. Je crois. C'était le premier jour de la rentrée et on nous appelait un par un, classe par classe. Mais c'est R. que j'ai remarqué avant tous les autres. Plus les noms s'égrénaient et plus les chances d'être dans sa classe augmentaient. Rapidement, il ne resta plus qu'une trentaine d'élèves, dont R., mes amies, toi et moi. Lucky girl.
L'année passa. C'était une belle année. On écrivait des mots dans nos agendas respectifs ; on rentrait à pieds du collège par le bois plein de gitans et on courait comme des malades ; on organisait nos premières boums, et nos premiers slows. Les quarts d'heure américains, tu te souviens? J'étais dingue de R. J'avais 12 ans, toi 11. On s'écrivait des petits mots sur des feuilles cartonnées. Je les ai toujours. Tu as fait l'entremetteur et j'ai vécu de jolis moments avec R., un peu grâce à toi. A l'époque, vous aviez tous cette petite mèche en haut du front, et du gel dans les cheveux, pour faire tenir le tout. Fallait pas y toucher, ça ! T. était amoureuse de toi. C'était une passion de mômes qui se prennent au sérieux, une passion pré-adolescente infidèle à suspense. Tu me racontais tout ; je faisais de même. Les meilleurs amis du monde. "Best Friends forever". Un truc du genre. Avec le recul, c'est plutôt ... navrant ? Non. Mignon. C'est mignon. Tu m'appelais presque tous les soirs et on passait des heures à commenter ce qui passait à la télévision. On n'avait pas encore internet et encore moins msn, on n'avait pas encore de téléphone portable. Pourtant on n'a jamais autant communiqué qu'à cette époque.
Et puis, il y a eu la 4e. Je n'étais plus avec R. et je ne sais plus comment... c'est avec toi que je me suis retrouvée. J'aimerais me souvenir des détails mais je n'y arrive plus. J'avais peur que T. m'en veuille. Je ne sais plus non plus comment tout cela s'est fini. Chacun sa route. Mais il y avait toujours ce lien là. On est restés les meilleurs amis, encore quelques temps. Et puis en seconde, tu as rencontré A. ; je n'existais plus. Petit à petit, je suis passée "après". C'était votre histoire. Une fusion. Rien l'un sans l'autre. Tout pour vous, plus rien pour les autres.
Il y a eu ce soir là. Que l'on s'est promis de taire.
Et puis, plus rien. J'ai bien essayé de reprendre contact mais tu étais toujours trop occupé. Quelques fois il y a eu le hasard, et ces rencontres pressées. Rappelle-moi. Tu ne rappelleras pas. Ce n'est pas comme si j'espérais encore quelque chose de toi. Je passe plusieurs fois par semaine devant chez toi. Le collégien à qui je donne des cours n'habite pas loin. Et chaque fois je ne peux m'empêcher de me dire que tu vas peut-être ouvrir la porte à ce moment là. Mais tu ne le fais jamais. Tu as toujours pris soin de bien fermer les portes après moi.
Je vais bientôt fêter mes 20 ans. Tu ne seras pas là. Pourtant on s'était dit que... Tu me manques K. et je ne crois plus aux promesses.
dimanche 15 juin 2008
Je livre, tu livres, il livre...
J'ai commencé le travail lundi dernier chez Volumen, une boîte d'édition. Je suis donc "préparatrice de commandes", s'il vous plaît. En somme, rien de bien transcendant ; c'est là que le bas blesse.
Premier jour. Il est 10h40, je suis en avance. J'ai à la fois de la hâte et de l'appréhension. J'imagine que c'est normal, que c'est l'angoisse et l'excitation de la première fiche de paie. Première galère, l'ouverture de la barrière. A ce jour, je n'ai toujours pas compris si je devais avancer jusqu'à la barrière du côté gauche, du côté droit, ou bien au milieu, si elle s'ouvrait toute seule ou s'il fallait à chaque fois taper un code... Je descends de la voiture, je tape le code de l'accueil et j'attends débilement devant. Soulagée de voir que, miracle, la barrière se lève, j'essaie de me garer le plus près possible de l'entrée. N'ayant absolument aucune idée d'où aller, je vais à l'accueil. J'attends dix minutes que la secrétaire termine sa discussion passionnante avec sa meilleure amie sur la dernière crème de jour Nivea. Je lui explique mon cas et me retrouve à suivre deux ouvriers dans les allées interminables de l'entrepôt. Je commence un peu à baliser ; jamais je retrouverai mon chemin dans ce labyrinthe. La responsable est là, elle est surprise de me voir à l'heure. Il parait que c'est rare. Bon. Elle m'indique le vestiaire, à l'autre bout de l'endroit où je me trouve. J'essaie d'enregistrer les informations. Évidemment, je n'ai rien retenu. J'utilise mon 6e sens, l'intuition féminine et, par bonheur, je trouve sans trop de problèmes le vestiaire. Je prends un casier, dépose mes affaires et fais le chemin inverse. On m'équipe d'une banane d'une élégance affligeante. Allez, on n'est pas là pour être sexy, j'ai compris le message.
Une de mes nouvelles collègues est chargée de m'expliquer ma mission. Je vais tenter de vous faire un topo rapide sur la chose. Il y a plusieurs zones dans l'entrepôt, de A à W. Les ouvriers se répartissent assez librement dans les différentes zones. Dans chaque zone, il y a une sorte de chaîne à roulettes où des cartons arrivent et repartent lorsqu'ils sont complétés, ma fonction étant de les compléter pour les envoyer dans la zone suivante par un mouvement leste et preste des deux bras, leur permettant ainsi de reprendre leur cheminement. J'ouvre le carton, je prends la facture, je regarde la liste des livres correspondant à ma zone, leur nombre et le code attaché à chacun. Ça va ? J'ai perdu personne ? Bon.
Le marathon peut commencer. Je vais parcourir des allées sans fin pour trouver le livre correspondant au code pour le ramener dans son carton. Et ce, autant de fois qu'il y a de livres sur la facture. Bien sûr, ce n'est pas aussi facile que ça. Parfois, les livres sont à des kilomètres les uns des autres. Parfois, il faudra en transporter plus de 150 pour un même carton. Souvent, il faudra escalader des étagères pour atteindre le haut des blocs dans les allées encodées. Au bout de 7h, je ne vous cache pas que mes jambes me font défaut, que mes genoux m'abandonnent comme deux vieux lâches, que la fringale n'est pas bien loin et que la tête ne répond plus, elle essaie juste de faire bouger les derniers muscles qui le veulent encore. Ne surtout pas s'asseoir, ne surtout pas s'asseoir !
Voilà, ça c'était pour le côté pratique et en résumé, ça fait très mal le soir ! (Et encore plus le matin)
A midi, nous avons 25 minutes de pause, pas une de plus. La deuxième pause est de 10 minutes, de 15h30 à 15h40. Après un calcul complexe, vous serez tous d'accord, ça fait, au total, 35 minutes de pause entre 11h et 18h05. Pas énorme, hein? En tant qu'étudiante en économie-gestion, je me dois d'analyser la situation de façon pragmatique sans toutefois en oublier la théorie. Nous sommes sortis du fordisme, les faits sont clairs. Bienvenue au toyotisme et aux nouvelles théories du management. Plusieurs questions. Pourquoi la pause est-elle si courte? Pourquoi refuser d'embaucher de nombreux intérimaires parfois en mission depuis 2 ans dans la même boîte? Pouquoi le responsable connaît mon prénom, me vouvoie-t-il et fait-il semblant de s'inquiéter de mon cas alors que je ne savais même pas qu'il était mon responsable? Pourquoi a-t-on la fausse impression d'avoir des reponsabilités ?
La pause est courte, oui. A peine le temps d'aller chercher sa salade de riz qu'il est déjà l'heure. Pas le temps de faire vraiment connaissance avec les collègues, pas le temps de discuter d'autres choses que du nombre de cartons remplis, pas le temps de créer du lien social donc. J'imagine que ce n'est pas une conséquence involontaire. Moins de liens entre les employés signifie plus d'attention portée sur le travail et donc, mécaniquement, une productivité plus élevée. Tout ça rejoint la question de l'emploi des intérimaires. Ils changent souvent, les équipes tournent régulièrement et les horaires sont décalés d'une semaine sur l'autre. Personne ne connaît personne, et à peine a-t-on retenu un prénom qu'on apprend la fin de mission du concerné la semaine qui suit. La plupart des mes collègues sont des femmes, mères pour nombre d'entre elles, et des jeunes hommes. J'admire vraiment. S'occuper d'une famille, préparer à manger en rentrant, aller chercher les gamins à droite et à gauche, les conduire au sport. Tout en faisant un métier de merde, il faut le dire. Un métier éreintant, usant, frustrant, sans intérêt, mal payé, répétitif, sans perspectives. J'admire, oui. Surtout quand je vois dans quel état je suis en rentrant, à savoir incapable du moins effort, au lit à 20h après avoir monté les escaliers sur les fesses et laché mes derniers forces dans une douche salvatrice. Bref, inutile.
On ne parle plus de chaine, on parle de zone. C'est la même chose en fait. C'est comme femme de ménage et technicienne de surface. On est d'accord. Je parlais de toyotisme... Je vous épargnerai le discours sur l'enrichissement des taches, les connaisseurs comprendront. En réalité, il faut juste respecter la cadence imposée, sinon tu dégages. Point barre. C'est plus dur qu'avant, mais c'est pas mieux payé. Et pas forcément plus stimulant intellectuellement, non, faut pas déconner oh !
Le responsable fait comme s'il me connaissait, comme s'il s'inquiétait de mon cas. On donne l'impression aux ouvriers que la direction s'intéresse à eux, leur donne de l'importance. On organise des réunions pour ne rien dire, juste pour faire croire que tout le monde est concerné. Ce qui serait presque le cas finalement. Chaque salarié est concerné par la bonne marche de l'entreprise. Seulement, il y a un huge gap entre les cadres dans les bureaux là haut et la main d'oeuvre ouvrière en bas. Rien qu'à la "cantine" ce fossé est visible. La table des cadres est dressée. Il y a des baguettes de pain, des yaourt, des fruits. Nos tables, à nous, sont à moitié cassées et, bien sûr, n'ont même pas de serviettes en papier, soigneusement empilées. Dieu merci, les micro-ondes sont accessibles à tous. Enfin, n'abusons pas, celui de gauche est réservé aux cols blancs. Normal, il fonctionne lui.
En résumé, beaucoup de blabla pour dire des choses que l'on sait déjà mais qui, tant qu'elles n'ont pas été vécues, ne peuvent pas être vraiment comprises. Je crois que beaucoup de futurs cadres devraient passer quelques semaines en tant que magasinier, préparateur de commandes ou manutentionnaire. Ne serait-ce que pour avoir une faible idée de ce que signifie le verbe "galérer" aujourd'hui.
EDIT : Je suis entourée de livres mais je n'ai le temps d'en lire aucun. Si c'est pas frustrant, je vous demande bien ce que c'est !
samedi 31 mai 2008
Lost Highway
J'ai des anglaises plein les cheveux. Des mèches torsadées, s'enroulant et s'enroulant encore, de la nuque au front et du front aux pointes. J'ai les yeux fatigués et les cernes en prime. Des pommettes rosées et les sourcils serrés. Les joues humides et le front vaincu. J’ai un vieux tee-shirt en coton et ces grandes chaussettes jusqu’au mollet. Je suis fatiguée, moi aussi.
J’ai envie de dormir des jours et des jours pour me réveiller quand le temps aura enfin fait son boulot. J’ai envie de jouer à la belle au bois dormant et que ce soit aussi facile que ça. Je sais pas comment ils font les gamins, pour tourner les pages de leurs contes aussi vite. J’ai toujours l’impression de laisser quelque chose derrière, un détail, la poussière tout en haut de l’armoire, un bouquet à mettre dans un vase, un album photo qu’on a choisi de laisser vide. Qu’on a dû laisser vide. Et les fleurs qui vont faner, la poussière s’accumulant.
Et même si...
Même si j’ai les cheveux lisses, les mèches bien droites et les pointes juste assez recourbées vers l’extérieur. Même si, j’ai les yeux noircis, agrandis, éveillés. Les cernes oubliés et les sourcils allongés. Les joues relevées et le front vainqueur. Même si, j'ai ce merveilleux décolleté rouge et un pantalon noir évasé.
Je suis fatiguée.
vendredi 23 mai 2008
I'm in chains, you're in chains too
Ils reviennent parfois. En pleine face. Les vieux souvenirs. Les trucs d'il y a des années. Les promesses qu'on a faites. Les promesses auxquelles on croyait. Parce que oui, sur le moment, on y croyait à fond. Et plus encore. A partir de quel moment peut-on parler de prescription de promesse ? Sur quels critères sérieux? Le bon sens? L'honneur?
Il y a toutes sortes de promesses. On se promet d'être toujours là. On promet de ne jamais trahir un secret. On promet de s'aimer jusqu'au bout. Jusqu'au bout de quoi? On promet de faire tout son possible. Mais c'est quoi tout son possible? Et puis BIM. Parfois le boomerang vise juste. Et on se prend sa promesse en pleine gueule. On l'avait oubliée, bien sûr. On est humains. On oublie. On promet puis on oublie. On se dit même pas qu'il y a prescription de promesse. Non, on n'y pense plus, c'est tout.
Jusqu'au jour où le passé vient tout remuer. Et là, on se sent con. Parce qu'on aurait pas dû oublier. Parce qu'il y a certaines choses qui ne doivent pas l'être. Faire une promesse c'est créer un lien. Quelle est la valeur d'une parole? Et 30 ans plus tard?
dimanche 27 avril 2008
C'était juste une ombre
Bientôt les partiels, bientôt la vraie fin d'année. J'ai rien vu passer et pourtant... Pourtant, il s'en est passé des choses ces derniers mois. Il y a eu les rencontres d'amphi. Il y a eu des sentiments, pas toujours réciproques. Il y a eu des concerts, des samedis après-midi parisiens, des nuits agitées. Il y a eu des retrouvailles éphémères. Des choses se sont brisées, d'autres recollées. J'en ai compris certaines, j'essaye d''oublier les autres. Il y a eu des insomnies, des grasses matinées, des cours ennuyeux, des cours séchés. Il y a eu des déceptions, des anniversaires, de bonnes idées. Il y a eu des livres à lire, des disques à écouter, des heures et des heures. Il y a eu des journées inutiles et des journées sans fin. Des souvenirs. J'ai peur qu'on s'égare, qu'on parte tous dans des directions différentes, des facs différentes, qu'on n'écume plus les amphis tous ensemble mais chacun de son côté. On se promet de se revoir, d'organiser des soirées, d'aller boire un verre ici et là. Mais combien de temps cela va-t-il durer ? Parce que ça ne dure jamais, en fait. Évidemment, que ça ne dure pas. Chacun fait son chemin, chacun trace son avenir et se retourne de moins en moins. C'est normal, c'est la vie. J'en ai déjà parlé plein de fois. Je sais que pour que les choses restent telles qu'elles le sont aujourd'hui entre nous, il faudrait que l'on se voit régulièrement, que l'on y soit plus ou moins obligés par des impératifs d'étudiants. Se retrouver à la fac, manger ensemble à midi, s'inscrire dans les mêmes TD. Ce n'est pas toujours possible. Soit. Et si on essayait de l'avoir ensemble notre licence ? Ce serait toujours un an de gagné.
Ceux qui viennent régulièrement ici ont du le remarquer, je me suis remise à écrire. J'écris tout et n'importe quoi mais j'écris. Je suis guérie de quelque chose. Mais je sais pertinemment ce que ça signifie. Bref. En ce moment, je lis le dernier roman de Anna Gavalda, La Consolante. Comme toujours, elle touche sa cible. Alors on pourra critiquer tout ce que l'on veut. On pourra décortiquer sa syntaxe et en étaler partout. On pourra lui reprocher de parcelliser ses phrases, d'un peu trop délier la langue française, etc... Mais ce rythme, là. Ce rythme, mes amis ! Ce sont des battements de coeur. Ses personnages, ils sont vivants même quand ils sont morts. Ça déborde d'humanité, ça transpire de vie. Charles est le personnage principal du roman. Complètement déphasé : son boulot d'architecte aux quatre coins du monde, sa fille qui devrait être sa fille, sa femme qui n'est plus vraiment sa femme, son passé qui revient et qui fout tout en l'air, qui fait remonter les vieilles amitiés à la surface et qui rappelle les amours impossibles. Décalé, déboussolé, déboulonné. On prend tout, on mélange bien et on relève la tête. Charles se retrouve et va apprendre à se reconnaître dans le miroir, grâce à une simple lettre : "Anouk est morte". Je n'en dirai pas plus...
Voilà maintenant un an que j'ai le papier rose en poche, intact pour le moment. Joyeux anniversaire à lui et bienvenue à ses 3 points supplémentaires. Sur ce, je retourne réviser.
Non, je déconne.
samedi 5 janvier 2008
Pour traverser la route, il faut parfois faire le tour du monde
Les partiels approchent à grands pas et j'ai l'impression d'en être bien loin, bien loin... Dans trois jours on commencera par les maths, matière hautement haïe l'an passé mais qui, cette année, se dévoile sous un jour inattendu. Une renaissance ! La fac est un autre monde, un autre monde dans lequel je me sens bien et dans lequel j'ai le temps pour faire les choses. Même si on n'en a jamais assez.
Jeudi soir j'ai donc décidé de faire une pause dans mes révisions. Et quelle pause mes amis ! Voilà plusieurs semaines déjà que j'avais entendu parler de ce film, le dernier Wong Kar Wai avec, s'il vous plait, Jude Law, Norah Jones, Natalie Portman, Rachel Weisz et David Strathairn. My blueberry nights. Un petit bonheur sur grand écran pour la première sortie ciné de cette nouvelle année. Les images sont léchées à la Wong Kar Wai, acidulées, pleine de nuances. C'est l'histoire d'une dérive sentimentale, celle de Elizabeth (Norah Jones), une sorte de voyage initiatique pour un retour vers soi. La fragilité de Norah Jones sert la force du jeu des autres acteurs, brillants. Je n'ai pas envie d'expliquer, d'analyser, de décortiquer. C'est juste beau. Et c'est dans cette dernière scène qu'enfin le temps s'arrête..
Premier article en 2008. Premier article pour souhaiter à tous ceux qui posent leurs yeux ici une très bonne année. Pour ma part, 2007 fut... intense, dans tous les domaines. Elle me laissera, c'est certain, un souvenir marquant. La vie continue, 2008 ne sera que la continuation de 2007 et j'espère qu'elle sera belle pour tous. Pas de bilan cette année donc, juste beaucoup d'attentes pour la suite. Il faut regarder loin désormais.




