dimanche 17 décembre 2006
Instant choisi
Cécile vient de se connecter
Moi : Ca fait un an, tout juste
Lui : Oui
Moi : Tu t'en souvenais ?
Lui : Je n'ai rien oublié
mardi 28 novembre 2006
C'est votre jour de chance ma p'tite demoiselle
J'aime ces petits "pas grand chose" qui rendent une journée monotone un peu plus colorée. Allumer mon téléphone et recevoir le message d'un vieil ami qui voudrait bien qu'on sorte un soir. Le bruit de mes bottes dans le couloir vide du lycée à 19h. L'odeur des pains au chocolat de la boulangerie près de la gare. Attraper le bus que je ne croyais pas avoir.
Je suis sortie du lycée à 17h15. Le prochain bus était à 30. Si je ne m'abuse, il me restait exactement 15 minutes pour me rendre à la gare, traverser la passerelle et parcourir les derniers cinquante mêtres. C'était pas gagné. Mais alors vraiment pas ! Crevée par ma journée, j'accélérais quand même le pas, au cas où. 17h27 j'arrive devant la gare. Un vrai record ! Mais 3 minutes pour rejoindre l'arrêt de bus, vraiment, c'était trop peu. Et puis... j'ai couru, couru, couru, avec mes bottes trop grandes, mon collant filé et mon manteau trop long. Mon sac se balançait sur mon épaule, j'esquivais les vieux et leur déambulateur, les jeunes cadres dynamiques et leur cravate au vent, les racailloux en jogging jaunes. Je courais sur cette foutue passerelle beaucoup trop longue, les chevilles en feu et le souffle irrégulier. Je ne me faisais pas vraiment d'illusions. J'allais devoir attendre le prochain. Tant pis, je continuais de cavaler comme si ma vie en dépendait. Et puis... je l'ai eu. Tout juste. Les portes se fermaient. A bout de souffle j'ai frappé energiquement dessus. "C'est votre jour de chance ma p'tite mademoiselle" , me dit le conducteur. "Si vous le dites ! Merci."
J'aime l'effort recompensé. J'aime me faire violence et me dire que j'ai bien fait.
J'avais repris mon souffle et mes esprits et mis en marche mon ipod. Il faisait nuit, le bus n'était pas éclairé et je m'endormais doucement lorsque l'on passa devant l'hôpital de Longjumeau, les chambres illuminées. Cet hôpital, celui où je suis née. Là où j'ai utilisé mes cordes vocales pour la première fois. A un moment où je ne savais pas que chanter deviendrait ma passion quelques années plus tard. Et puis je l'ai vue, regardant du haut de sa fenêtre le flux discontinu des voitures, les lumières de la ville et les premières décorations de Noël. Elle devait avoir à peu près mon âge, ou un peu moins. Elle était seule. Peut-être attendait-elle de la visite. L'idée qu'elle m'attendait, moi, me traversa quelques secondes l'esprit. C'était idiot pourtant.
Arrivée sur le parking près de chez moi, je vis une petite clio blanche avec un A collé dessus. Immatriculée 63. Il n'y avait personne dedans. Le rythme de mon coeur se calqua alors sur celui des Razorlight dans mes oreilles. Et si c'était toi... Hum. Il faut vraiment que j'arrête avec cet espoir vain ! Comme si ... comme si... comme si tu m'attendais patiemment chez moi, assis sur le canapé, la table dressée et les bougies allumées. Non, vraiment... il faut que j'arrête ! Je suis quand même allée vérifier toutes les pièces de la maison, même les placards assez grands pour contenir un homme. Ca devient une obsession ! Et puis, déçue bien sûr, je me suis allongée sur mon lit, la tête en arrière pour retenir des larmes encore inutiles. Moi, p'tite demoiselle, j'ai cru que c'était mon jour de chance.
mardi 21 novembre 2006
Mille et un visages
Il est 19h, je viens de sortir d'une khôlle de lettres. Bien sûr il fait nuit à présent et à cet instant précis, rien ne vaut un bon un morceau de Ben Harper dans les oreilles. Comme chaque jour je monte ces quelques marches, portée par la foule qui se presse, puis traverse une étroite passerelle pour rejoindre le côté RER B et croise ces dizaines et dizaines de visages, mélancoliques, fermés, généreux. Je suis à contre courant, comme toujours. Certains slaloment entre les vieilles dames, les amoureux siamois et les femmes enceintes. Un parcours du combattant pour qui ne compte pas prendre le train suivant. D'autres préfèrent prendre leur temps, leur RER à eux n'est jamais pressé après tout. Des centaines de visages croisés en quelques minutes, des centaines de consciences enfermées dans tous ces corps, ces consciences qui me scrutent, m'ignorent, me jugent. A quoi pensent-ils ? A quoi rêvent-ils ?
Ils sont tous si différents et pourtant... Il y a cette femme perchée sur ces talons aiguilles, toujours très classe. Il y a cet étudiant les cheveux en bataille, les lunettes de travers, à l'air perdu. Il y a cet homme, Libé dans la main droite, sa sacoche en cuir dans l'autre, un peu ailleurs. Et puis il y a tous ces spécimens étranges, ceux qui sortent du cadre, des marginaux égarés, des gothiques mal rasés, des pseudo-racailles en costume trois pièces. Il y a tout un florilège d'images inattendues, un flux continu d'humanité, des corps qui se frôlent, des sourires qui s'échangent, de vieilles connaissances qui se retrouvent, des regards qui se fuient, qui s'évitent. C'est un lieu spécial une gare. Un lieu où se mêlent les fils de bonne famille et les clochards qui font la manche. Un lieu où les différences s'effacent un peu, le temps d'un escalator, le temps d'une passerelle à traverser. Un lieu où des centaines de pensées, envies ou pulsions nous envahissent tous et demeurent innasouvies. C'est un peu frustrant une gare. Croiser tous ces gens, leur imaginer une vie, leur envier leur superbe paire de bottes, avoir envie de leur glisser son numéro dans la poche.
Et puis il y a cet espoir, celui que quelqu'un nous attende au bout du quai. Cet espoir qui nous porte vers l'avant, se dire que peut-être, peut-être il sera là. J'aurais aimé que tu sois là, que tu m'attendes devant cette gare, comme tu l'as fait quelques fois. J'aurais aimé qu'on nous envie comme j'envie ces deux là. Elle, emmitouflée dans son grand manteau à lui. J'ai espéré jusqu'au bout ne serait-ce qu'apercevoir ta main, tenter de l'attraper, fixer ce moment. Mais tu ne m'attendais nulle part, ni dans le hall ni devant la gare. Ni ailleurs. Tu ne m'attendras plus jamais que dans mes rêves, ceux dans lesquels je m'échappe quand je traverse cette passerelle. Une gare c'est aussi ce lieu de désillusions, où l'espoir se transforme rarement en réalité et où la réalité du monde nous saute aux yeux. Cette triste réalité. Ce soir, J'ai vu mille et un visages. Mais aucun n'avait tes yeux.
mercredi 15 novembre 2006
Le jeune homme de la bilbliothèque
Je ne m'en remets pas.
Il ne me restait plus qu'une seule page à lire pour arriver au fameux "L'Enfer, c'est les Autres" de Sartre lorsqu'il entra, une pile de livres serrée contre son torse, les cheveux en bataille, les gouttes de pluie ayant trouvé refuge dans ses fossettes de minot. Il avait l'air un peu perdu, éparpillé, embarrassé même. Il s'installa en face de moi, esquissa un sourire hésitant, murmura un bonjour maladroit et déposa ses livres sur la table, soulagé. Il ébouriffa ses cheveux blonds, déroula l'écharpe noire autour de son joli cou et retira sa longue veste marron, se dévoilant un peu plus à mon regard. Il commença immédiatemment sa lecture. Il était de ceux qui ne savent pas leur charme, qui ignorent cette grâce spontanée que d'autres façonnent à coups d'artifices l'Oréal ou Dior. Ses yeux suivaient docilement chaque ligne, découpaient chaque phrase, épluchaient chaque expression. Il levait la tête quand je baissais la mienne. Il lisait Candide. Et ça lui allait si bien... Ses mains fines tournaient lentement les pages et ses longs cils balayaient les mots comme ils balayaient mon coeur. Concentre-toi un peu Cécile !
"Excuse-moi, est-ce que tu sais si Voltaire ne critiquait pas la monarchie absolue ?"
Il me balança sa question. Comme ça. Je répondis. Comme ça. Oui, oui, Voltaire était bien contre la monarchie absolue mais aussi paradoxal que ce soit, il avait admiré l'oeuvre de Louis XIV, ou en tout cas son aspect économique. Oui, c'est un peu étonnant, mais pas tant que ça finalement, tu sais... Il me demanda ce que je lisais. Il n'aimait pas beaucoup Sartre en tant que dramaturge, selon lui, il aurait dû s'en tenir à la philosophie. Et puis il s'excusa, pour le dérangement. S'il savait... s'il savait comme j'avais apprécié ce dérangement, s'il savait... M'aurait-il dérangé davantage ? Peu importe, il était 17h, et je devais filer. Alors que je rassemblais mes affaires, il regardait mes mains, les suivait de ses yeux chocolats. Puis il les leva, doucement, très doucement. Nos regards se croisèrent l'espace d'un instant, juste le temps d'un électrochoc mutuel, comme si j'avais mis mon coeur dans une prise éléctrique.
"A mercredi prochain ?"
J'espère.
mercredi 8 novembre 2006
Once upon a time...
... et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.
Moi aussi je veux vivre ça, a fairy tale, comme dans les livres. Une histoire à la Cendrillon. Je veux bien perdre ma botte en faux daim noir. Ou encore une romance à la Petite Sirène pour laquelle je perdrais ma voix. Je veux bien tout perdre si c'est pour trouver le prince charmant, et même si son cheval blanc a plutôt l'air d'un poney polly pocket. Je veux bien croquer la pomme ou m'endormir des années entières si c'est pour danser une valse avec lui malgré sa maladresse. Je veux bien marcher sur le feu, être enlevée par les quarante voleurs, affronter un dragon si c'est pour qu'on raconte mon histoire en commencant par un "Once upon a time". Je veux bien y croire encore mais je n'y croirai pas éternellement. Parce qu'il y a un jour où l'on cesse d'être une petite fille, parce qu'il y a un jour où l'enfant se transforme en femme. Parce qu'à partir de ce jour là on ne croit plus aux contes de fées. Parce qu'enfin on grandit. Malgré tout. Parce qu'enfin on vieillit. Malgré nous.
PS : Hep toi là ! Oui toi, jeune homme qui me lit, si tu es célibataire, cultivé, charmant, doux, attentionné, intéressant, habitant Paris ou sa banlieue et que tu t'occupes d'une écurie de poneys polly pocket, contacte moi au 06.74.62.... Be my prince.
dimanche 29 octobre 2006
Et puis voilà !
Il me disait que j'étais jolie. Tu parles d'un truc ! Il me disait que j'étais jolie ! Moi ! Il m'avait promis. Il m'avait promis de ne jamais me laisser, de ne jamais s'en aller, de ne jamais, jamais, partir. J'avais mis toute la confiance qu'une jeune femme peut mettre dans un jeune homme. Et puis j'me suis plantée, y'a pas d'autre mot. Il souffre, je le sais. Je souffre, le sait-il ? Rien n'est clair. Ni les raisons, ni les excuses. Ni même les sentiments. Tu n'as pas voulu me dire pourquoi, rien n'est pire, sache le. J'aurais pu t'écouter à défaut de pouvoir t'aider. J'aurais pu le prendre quand même ce train à la Toussaint. Seulement, avec des "j'aurais" on refait une histoire.
La dernière fois que tu m'as serrée dans tes bras, c'était sur ce quai, gare de Lyon. Mon visage était saturé de larmes. Il était 12h29. Plus que deux minutes avant ton départ. Je suis partie, pour que la dernière image que je garde de toi ne soit pas celle d'un vague reflet dans une fenêtre embuée. Je marchais de plus en en plus vite, je sentais ton regard dans mon dos. C'était comme dans un film et pourtant c'était bien réél. Plus le train prenait de la vitesse et plus mes jambes se dérobaient. Tu savais déjà qu'on ne se reverrait pas en Octobre. Moi pas. On dit communément que l'espoir fait vivre. Mais sans espoir la chute est moins rude.
Tu m'as dit je t'aime mieux que personne. Peut-être plus sincérement aussi. Tu m'as donnée confiance en nous, tu as combattu mes inhibitions, tu as calmé mes angoisses et tu as su lire dans ma tête. Pourtant j'te jure, c'est super compliqué là-haut ! J'aurais voulu t'apporter autant mais c'est de temps que j'ai manqué. Je n'ai pas ma place dans ta vie, tu as tellement de choses à assumer, à ordonner. Tout le problème est là. Tu n'as pas voulu me laisser entrer dans ta tête comme tu es entré dans la mienne. Tu n'as pas su repousser cette peur, tu n'as pas voulu te dévoiler devant moi comme je l'ai fait pour toi. Je t'ai donné ce que j'avais de plus secret mais tu n'as jamais eu l'intention de faire de même. Quand penseras-tu enfin à toi ?
J'espère un jour retrouver cette complicité qui m'a tant appaisée, avec toi peut-être, avec un autre qui sait. L'amour existe, je l'ai vécu. Je vous promets, l'amour existe. Il ne dure sans doute pas toute la vie, peut-être même ne dure-t-il qu'une seule seconde. Il n'est peut-être pas partagé ou accepté. Il est sûrement aveuglant et irrationnel. Mais le principal c'est qu'il existe, il faut en être sûr. Il faut que cette certitude donne un sens à une vie. Parce qu'il était ma seule raison d'avancer et parce que je suis sûre que je le retrouverai. Tôt ou tard.
J'aurais pu t'aider, si seulement tu avais accepté...
dimanche 22 octobre 2006
Un jour mon prince viendra... C'est ça et Sarko c'est la réincarnation du Christ !
Il ne suffisait plus à combler son manque, à masquer sa lâcheté. Elle l'avait dans la peau comme une seringue dans une veine. Une douleur qui s'installe à son rythme dans tout son système émotionnel. Elle ne l'aimait pas, elle ne l'aimait plus. Il n'a rien fait, pourtant. Et c'était bien là le problème. Elle ne lui voyait plus que ses défauts mais restait avec lui par habitude. Quand il la touchait, il la dégoutait. Elle se détachait de sa chair comme on brise ses chaines. Il la croyait malade. Elle se savait coupable. Coupable de ne pas lui avouer, de ne pas faire sortir tout ce qui était caché dans l'inconscient de son inconscient, coupable de faire comme ci alors que c'était comme ça.
Et puis elle l'a rencontré. Lui. La vie, l'optimisme, l'avenir. Lui quoi. Un petit prince tombé de nulle part qui lui fit entrevoir la vie en vert, pleine d'espoir. Pas de mirage cette fois, pas de mensonges. Un regard et tout est dit. Si simple qu'elle doutait comme toujours. Il est parti, de la même manière qu'il est venu, ou peut-être plus brutalement. Il s'est barré avec la clé, celle d'un meilleur futur. Elle s'écorche, elle s'écroule. Ils s'en foutent. Elle ne vivra pas cette passion entrevue le temps d'un baiser. Emmêler ses lèvres aux siennes, sentir cette douce fiève amère qu'elle n'oubliera jamais mais qu'elle ne retrouvera plus. Parce qu'elle l'a aimé, lui. Lui seul. Le temps de ces quelques secondes.



