mercredi 3 décembre 2008
Instant choisi (3)
Il est 1h23. J’ai un peu mal au ventre. Je descends dans la cuisine pour trouver quelque chose qui fera vite passer la douleur. Je n’allume pas la lumière. Un verre d’eau à la main, je m’approche de la fenêtre, je me dis qu’il va sûrement geler cette nuit. Faudra gratter le pare-brise. Je m’en réjouis d’avance. Il est quand même vachement blanc le gel ce soir… il est même tellement blanc qu’on dirait… oui… Le sol retient les millions de gros flocons qui tombent au ralenti. Pour qu’on les voit tous. Un par un.
Je me précipite en bas de l’escalier et je t’appelle. Il faut que tu viennes voir ça, vite ! Mais vite ! T’as pas trop l’air de comprendre l’urgence mais tu finis par descendre. Je te prends la main et t’emmène près de la fenêtre de la cuisine. J’ai l’impression d’avoir 3 ans et demi et les yeux enfloconnés. J’ouvre la porte-fenêtre du salon, pour sentir le froid neigeux dans mes jambes. Et tu es là.
Ce petit moment de grâce, de temps arrêté. Il était 1h23 depuis 10 minutes. Et nous regardions la neige tentant de recouvrir chaque centimètre de mon jardin. Le ciel était blanc. J’étais émue. C’est con. Oui. Nous sommes allés nous coucher. La neige tombait sur le velux. Elle ne serait plus là demain matin. Et, en effet, elle n’y fut plus. Comme si elle n’était tombée que pour nous. Comme si cette nuit là, nous étions les seuls à l’avoir démasquée. Comme un vieux souhait qu’on avait oublié, de flocons inattendus, d’amour sincèrement partagé.
jeudi 5 juillet 2007
A AaRoN
Le 20 mai 2007
Hier soir, aux bouffes du Nord. C'était un peu comme une trêve, oui. C'est comme si toute l'histoire de ce théâtre était devenue la mienne. Chaque note, chaque mot, chaque pas, c'était une trêve. Une pause dans ma vie, celle après laquelle je cours depuis 19 ans, sans jamais avoir réussi à l'attraper par le col pour lui implorer de s'arrêter une seconde. Juste une. Hier, c'était comme une pause dans ma vie, une trêve avec le temps qui passe et une trêve avec moi-même.
Si vous étiez émus, je l'étais au moins autant. Sinon plus. Y'a pas toujours de réponse aux évidences. Hier c'était ça. Une évidence. Le temps s'est mis en stand by et j'ai enfin compris ce que c'était le bonheur. C'est l'éphémère plénitude d'un moment unique. C'est un paradis qui se perdra et que l'on ne cessera jamais de vouloir retrouver. Et que l'on retrouvera, on en est sûr. J'en suis sûre. Avec lui..
19 ans que je l'attendais ce concert. Une jolie cicatrice dans ma tête et plein d'images qui se mélangent. Il n'y avait plus de réalité, c'était un "ailleurs" essentiel. Aaron, c'est une drogue très douce à légaliser d'urgence. C'est un message d'espoir, d'amour, de tolérance. Vous êtes tout ça et bien plus encore. Il y a des personnes qui passent dans votre vie, comme ça, au hasard. Et ce sont ces personnes là, celles qui ne sauront jamais qui vous êtes, qui marquent le plus vos vies. Parce qu'ils étaient là au bon moment, avec les bons remèdes aux bons maux.. Parce qu'ils étaient là hier aux Bouffes du Nord et parce que jamais je n'oublierai cette soirée. Comme quoi la vraie musique, quand elle vous prend au plus profond de votre être, c'est salvateur.
Merci à vous, Simon, Olivier, Maeva et les trois enfants présents sur scène.
Cécile
mardi 8 mai 2007
Une évidence
20h45, devant la Flêche d'Or. J'entre, la boule au ventre et les pieds en feu dans ces chaussures trop hautes. La salle est remplie et le premier groupe a déjà commencé à jouer. C'est doux. Et puis il arrive. Aucun doute, c'est bien lui. Ses yeux balaient la salle d'un regard rapide, presque assuré. Presque. il s'avance vers moi sans encore le savoir. On a l'air un peu bête tous les deux. Mais surtout moi. Les mots sortent difficilement de ma bouche un peu trop sèche tout à coup. Je ne sais plus où poser mes yeux. Les douces lumières rouges défilent sur son visage et redessinent ses jolis traits. Mes poumons demandent plus d'oxygène et je comprends que mon oxygène c'est lui. La musique coule et moi.. moi je fonds. Je fonds. Les mains, les saveurs, les parfums, tout se mélange. Il n'y a plus rien autour. Plus rien qui n'ait d'importance sinon lui. Plus rien qui ne vaille la peine sinon son bonheur. Plus rien. Le temps n'existe plus, les différences n'existent plus. Il n'y a que la musique, lui, moi. Nous. L'ivresse. Je me souviens de chaque détail. Je me souviens de son odeur, de la douceur de ses lèvres, de ses gestes habiles et tendres. Je me souviens de ses mains sur mes hanches, de mes frissons dans le cou. De mes frissons partout. Je me souviens de ses mots plein de saveurs, de sa demarche droite, de son regard destabilisant.
Un dernier regard vers la Flêche d'Or. Il commence à pleuvoir. Là bas, il y a sa voiture. La suite n'appartient qu'à nous. Tout est compliqué mais rien ne m'a jamais paru si simple. Y'a pas de réponses aux questions évidentes.
samedi 24 février 2007
A demi mots
On n'écrit pas son bonheur. On n'écrit pas son bonheur, ses sourires, son coeur qui bat. On n'écrit pas que tout va bien, que tout est là.
L'ombre de son corps, la douceur de ces mains toujours gelées. Je ne peux rien oublier. La courbe de son dos, ses sourires inattendus. La tendre maladresse de ses gestes hésitants. Mes mains parcouraient les creux et les courbes de son corps plein de vie. Je balladais mes doigts pour l'apprendre par coeur, pour le réciter sans faute. J'écoutais le rythme de son souffle et je savais ses frissons. Je sentais ses doutes, sa retenue, ses peut-être. Il m'a donné ce qu'il avait de plus émouvant, ce quelque chose qu'il ne donnera à personne d'autre. Je recevais chacun de ses mots comme autant de pépites d'or, essayant de les graver là haut, tout là haut, et puis ici aussi, et puis partout. Essayant de les figer. Parce que le temps, lui, ne s'arrête jamais.
Pendant ces six jours rien d'autre n'avait d'importance que son coeur contre le mien. Ce coeur qu'il a entrouvert, le temps d'en considérer la complexité, le temps d'en éprouver l'envie. Le paysage défile aussi vite que les heures que nous avons passées ensemble. Chaque minute m'éloigne de tes bras, de ton souffle irrégulier et tes phrases parfois absurdes. Tu m'as fait tellement rire avec tes anecdotes, ta poisse presque légendaire, ta mayonnaise en perfusion, ta grâce à la Candeloro.
Si on ne fait pas tout le chemin ensemble, laisse moi juste t'en faire découvrir un bout. Je ne te demanderai jamais plus. Promis.
lundi 8 janvier 2007
Dans sa bulle
Elle attendait cet ailleurs comme on attendait le bonheur. Elle n'était pas bien grande mais elle rêvait déjà de partir, de tout quitter, de tout lâcher. Mais pas sans lui. Elle aimait son rire, ses mots, ses espoirs. Elle aimerait son parfum, son visage, son sourire. Elle y croit à cet ailleurs, à cet ensemble. Elle y croit même si elle est la seule, même si elle va peut-être droit dans le mur, même si on lui dit qu'elle a tort. Et puis, elle s'en fout de tout ce qu'on dit. Elle s'en fout, elle y croit quand même. Parce que c'est aussi sa chance, peut-être la plus belle. Dans sa bulle, elle attendait. Patiemment puisqu'il fallait..
mercredi 27 décembre 2006
Ensemble, c'est tout
Pour la neige à Noël, c'est raté. Et puis, avec le réchauffement climatique, je peux toujours l'attendre mon 25 décembre où j'irai me rouler dans la poudreuse ! Tant pis. Tant pis, je suis patiente. Le Père Noël ne m'a pas non plus apporté un homme, pourtant j'avais mis un super gros chausson ! A défaut de l'avoir en vrai, je peux toujours me dire qu'il existe quand même quelque part, celui qui donnera tout son sens au mot "ensemble". J'y crois.
J'y crois comme je crois à la force de ma famille, à ce "nous 4", à ces liens inévitables. Ma famille, ce sont ces trois personnes que j'aime plus que tout au monde mais qu'il m'arrive aussi de maudir. Ma famille, ce sont ces trois personnes qui ne me laisseront jamais tomber, même si on ne se comprend pas toujours, même si on s'engueule, si les langues se délient, si les corps se défient, même si l'on se ment parfois, même si on s'ignore souvent. Ma famille, c'est moi en plus fort. Moi sans eux, c'est comme Tintin sans Milou, Laurel sans Hardy, Space Moutain sans loopings. Eux sans moi, c'est comme les Dalton sans Joe, les trois mousquetaires sans d'Artagnan, les quatre saisons sans Vilvaldi. Je ne sais pas ce qui fait que ça tient encore toussa, ...qu'on arrive encore à se supporter après tant d'années. Je ne sais pas trop d'où vient ce lien qui nous rattache, cette sorte de fil magique qui nous relie en permanence, cette sorte de fil que l'on veut parfois arracher, parce qu'etouffant, parce qu'omniprésent. Toujours est-il qu'il sera toujours là et qu'il ne demande qu'à s'agrandir. Si un jour je te dis "bienvenue dans ma famille", souhaite toi bonne chance et invite moi aussi dans la tienne. Parce que ce n'est pas toujours une partie de plaisir, mais parce que c'est encore ce qu'il y a de plus beau dans ma vie. Maman, Papa, Vincent... merci. Je ne vous dirai pas que je vous aime, je ne vous le dirai pas parce que je n'en ai pas encore le cran. Ca viendra.
Encore un merveilleux Noël au compteur du Cécilomêtre.
PS : Places pour Muse au Parc des princes le 23 juin 2007 en vente le 12 janvier à 10h. Avis aux amateurs qui voudraient partager ce moment avec moi... [Oui oui Aurélien, c'est bien un samedi!]
jeudi 26 octobre 2006
Il suffit d'une soirée...
... pour qu'un moral remonte en flêche !
Quand les prépas de Massy se lâchent... ça fait mal, et surtout, qu'est-ce que c'est bon ! 24h de non sommeil après un mois et demi à un rythme effréné, peu importe. La musique, l'alcool, les potes, cocktail explosif de bonheur intense et éphémère. C'est pour ces moments là qu'on respire, pour ces moments là qu'on survit, qu'on fait face, qu'on défie, assume ou subit, qu'on craque, pleure ou transpire. C'est pour ces moments là que je vis. Parce que c'était si bien de se laisser aller, de boire ces quelques verres et de tourner, tourner sur la piste, tourner entre les gens, tourner dans sa tête comme si tout allait mieux, comme si tout irait mieux...
Quel meilleur commencement pour des vacances tellement espérées ?
Envie de regarder les passants assise sur un banc du Jardin du Luxembourg, de lire tranquillement sur les quais de Seine, d'avoir un peu froid en sortant du RER. Envie de me retrouver un peu et de rencontrer des "Autres".



